5 questions sur les chutes du Niagara

Niagara rime un peu trop systématiquement avec Canada ! On oublie un peu vite que les célébrissimes chutes marquent la frontière entre les États-Unis et le Canada, et que la rivière sépare deux villes jumelles homonymes, très différentes l’une de l’autre. Connaissant déjà le versant côté feuille d’érable, nous avons voulu voir à quoi ressemblait cette carte postale d’anthologie côté américain, bien moins vanté dans les guides.

1 Y a-t-il vraiment un meilleur côté ?

Plutôt que de s’évertuer à les opposer, pourquoi ne pas voir les deux côtés ? Ils sont très différents l'un de l'autre et chacun a ses avantages. Les chutes canadiennes – dites en fer à cheval – sont incontestablement les plus esthétiques, mais la seule vue vraiment de face que l’on peut en avoir est celle offerte lors de la balade du Maid of the Mist.

Côté US, on fait beaucoup plus corps avec les chutes. On a même la possibilité de les vivre de l’intérieur, grâce à l’expérience exceptionnelle de la Grotte des Vents, sans équivalent sur le plan des sensations. Et ce que l’on a particulièrement apprécié, c’est leur cadre, particulièrement bien préservé. Autour des chutes, se déploie en effet le verdoyant Niagara Falls State Park, édifié en 1885. Il a été dessiné par Frederick Law Olmsted, le concepteur de Central Park, et privilégie les piétons, cyclistes et joggers. Par ailleurs, la ville a su conserver un style et un aspect provinciaux, sans véritable gratte-ciel. Enfin, autre avantage non négligeable du côté US, tout y est moins cher, change oblige…

2 À quelle occasion les découvrir ?

Vous pouvez inclure la visite des chutes et l’ouest de l’État de New York dans un itinéraire est-américain, en combinant par exemple avec la ville de New York et la Pennsylvanie ou le sud de la Nouvelle-Angleterre. Vous pouvez aussi opter pour un programme transfrontalier au départ de New York ou Boston, avec le passage de la frontière à Niagara, avant de mettre le cap sur les provinces de Québec et Ontario, puis de revenir sur la côte Atlantique via le pays des Finger Lakes.

Comptez deux journées complètes aux chutes et une troisième si vous souhaitez découvrir les environs. Pour dormir, sachez que côté US, aucun hôtel n’a de vue directe sur les chutes. Il faut donc se méfier des faux amis car nombre d’hôtels utilisent les chutes dans leur nomination.

3 Le pass découverte vaut-il vraiment le coup ?

Le Niagara Scenic Trolley

Le Niagara Falls USA Discovery Pass donne accès à cinq attractions : les indispensables Maid of the Mist et Grotte des Vents ; Niagara Gorge Discovery Center ; Niagara Scenic Trolley et Aquarium of Niagara. C'est plutôt une bonne affaire même si le Niagara Scenic Trolley n'est pas essentiel.

Pratique et écolo, il relie les attractions les unes aux autres et évite de prendre sa voiture (et de payer le parking ici ou là), mais sachez qu'à pied, vous irez aussi vite. Les attractions sont en effet proches les unes des autres et le va-et-vient des passagers  à chaque arrêt du trolley assez chronophage.

4 Quelles sont les principales attractions ?

Le Niagara Gorge Discovery Center

Des vitrines racontent la formation de la gorge et des chutes et leur histoire, et recensent la flore et la faune des lieux. Un film, Niagara : Legends of Adventure, revient sur la découverte des chutes. On démarre avec de très belles vues hivernales et l’arrivée du premier Blanc aux chutes, le prêtre franciscain Louis Hennepin. Le film raconte également l’épopée des trompe-la-mort qui, au XIXe siècle, essayèrent de franchir les chutes lovés dans tonneau, et l’accident dont un jeune Américain sortit indemne dans les années 60. Le tout est plutôt distrayant même si la réalisation paraît dater un peu.

Prospect Point Observation Tower

La plate-forme, haute de 86 mètre, offre une vue imprenable sur les chutes du Niagara.

Située à côté des American Falls, c’est une plate-forme d’observation juchée au sommet d’une tour de 86 mètres construite en 1961 en porte-à-faux au-dessus de la rivière. Assez disgracieuse, on dirait une pile de pont abandonnée avec un bout de tablier inachevé. La vue est imprenable sur l’ensemble des chutes et sur le Rainbow Bridge de l’autre côté.

De plus, nous sommes dans une zone importante pour la conservation des oiseaux (en anglais, IBA pour Important Bird Area), et quantités d’oiseaux viennent tournoyer autour de nous : mouettes, faucons, aigles à tête chauve, etc.

Le Maid of the Mist

Navigation arrosée à bord du Maid of the Mist
Navigation arrosée à bord du Maid of the Mist

Depuis 1846, les "demoiselles de la brume" emmènent (en saison) leur cargaison de touristes au pied des chutes canadiennes. Vêtus d’un poncho bleu, nous faisons la queue pour embarquer. On constate de visu qu’il y a beaucoup moins de monde qu’à l’embarcadère canadien juste en face. Nous sommes aux premières loges pour apprécier le spectacle. On passe en revue les American Falls à babord, pour arriver face aux Canadian Falls, un majestueux amphithéâtre d’eau presque parfait, haut de 51 mètres. La coque de notre esquif vibre et le capitaine doit mettre la gomme pour tenir dans le courant déchaîné face à cette énorme façade liquide. Mais bien (trop) vite, on fait demi-tour pour rentrer. In-con-tour-na-ble mais un rien frustrant car au final, nous ne sommes restés que quelques instants devant cette merveille de la nature.

La Grotte des Vents

C'est l’un des gros points forts du côté américain. Nulle part ailleurs en effet, on ne peut approcher les chutes d’aussi près. On part à pied pour Goat Island, où nous nous voyons remettre un poncho jaune canari, des sandales en caoutchouc et un petit sac en plastique pour les chaussures. Tout le monde s’avance ensuite vers un ascenseur, installé pendant les Années folles. Après une descente de 53 mètres, on rejoint des pontons en bois arrimés au chaos des rochers, que nous arpentons en toute liberté. Certains pontons sont accessibles aux handicapés et aux familles avec de très jeunes enfants. Dans un halo de vapeur nacrée, nous grimpons jusqu’au Hurricane Deck (le pont de l’Ouragan). À moins de 5 mètres de trombes d’eau rugissantes, on se retrouve sous la douche géante des Bridal Veil Falls. Cette expérience au cœur du "Tonnerre des Eaux" sera sans doute l’un de nos meilleurs souvenirs à Niagara.

Les chutes vues de haut

Puisqu’on s’était promis de voir les chutes sous tous les angles, on rejoint le minuscule héliport de Rainbow Air, qui opère des survols en hélicoptère de poche. On a vraiment l’impression d’être dans une bulle. Ça ne dure que 10 minutes mais les angles offerts sont extraordinaires et la verticale au-dessus des chutes est à couper le souffle. C’est comme une toute nouvelle topographie qui s’ouvre à nous. En prime, on voit loin du côté canadien, apercevant à l’horizon la Tour CN de Toronto !

Deux pays pour le prix d’un

Rainbow Bridge inauguré en 1941, très proche des American Falls et de Prospect Park, permet de passer au Canada à pied (c’est plus pratique pour les photos) ou en voiture et de s’offrir de belles vues sur les chutes au passage. Si vous traversez la frontière, pensez à vous munir de votre passeport ! Les piétons doivent s’acquitter d’un péage de 50 cents

5 Quelles sont les bonnes adresses en ville ?

Puisqu’il est inclus dans le pass, on décide de faire un tour à l’Aquarium of Niagara. Son gros point fort, le tête-à-tête avec un pingouin ou un lion de mer. Revers de la médaille, le surcoût de $75 pour environ un quart d’heure d’extase environ. À se demander qui sont les pigeons…

Un kilomètre environ au nord de l’Aquarium, on passe chez DiCamillo’s, célèbre boulangerie italienne remontant à 1920, pour faire le plein de viennoiseries (mais on avait envie de tout emporter), avant de nous arrêter à The Book Corner, antique librairie indépendante remontant à 1927. Le rayon consacré aux lieux, d’hier à aujourd’hui, est plus que conséquent.

Complexe colossal, le Niagara, un hôtel-casino appartenant aux Sénécas, l’une des tribus Iroquois de la région, détonne fortement dans l’environnement provincial de Niagara côté US. Comme il y a du monde, on préfère se rabattre sur les bistrots de Third Street. Après notre en-cas, on jette un coup d’œil au lobby et au bistro de l’hôtel Giacomo. Very chic, il occupe quelques étages du United Office Building, superbe bâtisment de 1929, classé au National Register of Historic Places. On aurait bien aimé monter voir la vue depuis le Sky View Lounge au dernier étage mais il commençait à faire sombre.

Alors, irrésistiblement attirés par le bruissement omniprésent de l’onde, nous avons choisi de retourner au Niagara Falls State Park. Comme chaque soir, les chutes sont illuminées. Elles passent par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, perpétuant la tradition qui remonte à la venue du Prince de Galles en 1860. À l’époque, on utilisait des feux de Bengale. L’électricité n’est utilisée que depuis 1879 mais le déroulé des couleurs est toujours fait manuellement. Étonnant non ?!

Mon carnet d'adresse
Official Visitor Center, 10 Rainbow Boulevard, NY 14303
Rainbow Air, 454 Main Street, NY 14301
Aquarium of Niagara, 701 Whirlpool Street, NY 14301
The Book Corner, 1801 Main Street, NY 14305
Di Camillo’s Bakery, 811 Linwood Avenue, NY 14305
Seneca Niagara Casino, 310 Fourth Street, NY 14303
The Giacomo, 222 First Street, NY 14303
© photo principale : Niagara USA Official Visitor Center © autres photos : Niagara USA Official Visitor Center