Bed-Stuy : l’évolution d’un quartier à Brooklyn

À quoi s’attendre lorsque l’on sort de la station de métro Utica Ave sur les lignes A/C ? On y découvre Bed-Stuy, un quartier historique de Central Brooklyn. Emblématique des transformations vécues par Brooklyn ces dernières décennies, c’est un quartier délaissé par les touristes restés autour du Brooklyn Bridge et de Williamsburg. Une découverte originale à faire lors d'un séjour à New-York.

L’histoire du quartier

Durant l’entre-deux-guerres et notamment avec l’arrivée du métro A et C dans les années 1930, les communautés de Harlem quittent le quartier devenu trop exigu et coûteux pour trouver de nouveaux logements à Brooklyn. Les logements sont essentiellement des townhouses, maisons de ville érigées à la fin du XIXe siècle par des promoteurs souhaitant offrir un cadre moins urbain à des populations blanches aisées. Avec la Grande dépression dans les années 1930, ces logements sont vendus ou soumis à la location et transformés en appartements. Une grande partie des Afro-Américains s’établit à Bed-Stuy et plus particulièrement dans le cœur historique du quartier que l’on appelle Stuyvesant Heights.

Cette partie de Bed-Stuy est ainsi constituée de maisons de villes mitoyennes de style victorien avec leur brownstones (l’autre nom que l’on donne souvent ici pour ces townhouses construites avec cette pierre marron caractéristique). Brownstones que l’on retrouve également dans le Sugar Hill de Harlem et dans d’autres quartiers historiques partout dans New York. Elles font partie du paysage et de « l’image carte-postale » de New York autant que la statue de la Liberté ! C’est paradoxalement la grande pauvreté des habitants à partir des années 1930 qui permet de protéger les bâtiments du quartier faute de restauration. Bed-Stuy fut l’un des tristement quartiers célèbres pour la criminalité et les émeutes raciales qui ont eu lieu durant la seconde partie du XXe siècle, une triste période maintenant dépassée.

 

Place à la mixité gentrifiée !

Bed-Stuy possède cette atmosphère d’un petit village ou d’un petit Harlem version Brooklyn. Les symboles de la communauté afro-américaine sont présents et toujours très vivaces même si la gentrification est un phénomène qui touche fortement le quartier. La principale attraction du quartier sont les brownstones, les prix sont passés de 50 000$ dans les années 1980 au record récent de 5 millions de dollar pour une townhouse aujourd’hui.

Des cadres, professions libérales, artistes, jeunes actifs et étudiants (moi y compris) sont séduits par ce quartier au charme paisible qui possède encore des loyers accessibles (mais plus pour très longtemps). Symbole du dynamisme du quartier, au coin de ma rue fleurissent des petits commerces de proximité, boutique de vinyl, cafés branchés et même une boulangerie de quartier (chose très très rare à New York !).

Mon carnet d'adresses

 
  • Saraghina Bakery, 435 Halsey St : pour la meilleure baguette/pain de New York, comptez environ 4-6$ (prix new-yorkais !)
  • Tepache, 361 Halsey St: un excellent mexicain à emporter
  • Bar LunÀtico, 426 Halsey St : un café-bar sympathique avec de la musique live tous les soirs et brunch musical le dimanche
  • Peaches, 393 Lewis Ave : un restaurant afro-américain, cuisine du sud des États-Unis
  • Georges-André Vintage Coffee, 558 Halsey St : un café tenu par une française (Bed-Stuy est très français!)
  • Halsey & Lewis, 478A Lewis Ave : une toute petite boutique qui vend vinyls, livres d’occasion mais aussi des plantes
 
© photo principale et photos de l'article : Florent To Lay