Edward Hopper

Alors qu’Edward Hopper a fait l’objet d’une superbe rétrospective au Grand Palais à Paris, pourquoi ne pas en profiter pour faire le tour des sites qui l’ont inspiré aux États-Unis ?

Peintre de sujets naturalistes annonciateurs du Pop Art et de l’hyper réalisme, Hopper a utilisé une Amérique quotidienne. Improbables décors ruraux, urbains ou industriels au petit matin blême ou nimbés de néon, restaurants mornes ou cinémas tamisés, station-service, chemins de fer, appartements dépouillés, voilier dans la houle ou phare en pleine lumière… composent un road movie statique d’icônes américaines, à l’opposé des illustrations archi positives et optimistes d’un Norman Rockwell.

Si son tableau le plus célèbre Nighthawks (les Oiseaux de nuit ou les Noctambules – 1942) est exposé à l’Art Institute of Chicago, c’est au Whitney Museum of American Art de New York que l’on trouve la plus grande concentration de ses œuvres, legs oblige. Mais attention, ses tableaux font très souvent l’objet d’expositions itinérantes et internationales comme celle de Paris et il parfois frustrant de passer devant des cimaises vides.

De la Nouvelle-Angleterre…

Nyack, village typique de la province américaine dans l’État de New York sur la rive droite de l’Hudson, moins de 30 miles au nord de Manhattan, est fier du Edward Hopper House Art Center. Il occupe la maison natale de l’artiste construite par son grand-père maternel en 1858 et où il passa son enfance avant de rejoindre Manhattan. En plus des expositions permanentes et temporaires sur Hopper (bien que le centre ne possède aucune œuvre du maître) et d’autres artistes, on y joue de la musique “live” en été. Edward et Josephine, ainsi que Marion, la soeur d’Edward qui continua d’habiter la maison jusqu’à sa mort en 1965, reposent au Oak Hill Cemetery de Nyack.

En 1930, les Hopper prennent une résidence secondaire surnommée le Bird Cage Cottage à South Truro au nord de Cape Cod. Ils y firent construire ensuite une résidence dessinée par le peintre qui y installa son atelier à partir de 1935.

On pourra aussi se rendre à Gloucester, au Massachusetts, sur la délicieuse péninsule de Cape Ann, où Hopper rencontra Josephine, artiste comme lui. Dans le plus vieux port d’Amérique, marchez sur Prospect Street et essayez de retrouver les motifs de la trentaine de tableaux peints sur place par Hopper. L’une des vues les plus frappantes est celle de The Mansard Roof dans le quartier de Rocky Neck. Et dormez à la Julietta House dont la proprio actuelle est une spécialiste du peintre.

Dans le Maine, Hopper écuma d’abord la région d’Ogunquit avant d’y retourner neuf fois, peignant la côte, ses phares, bateaux, fermes et maisons. Citons le formidable phare de Portland Head au bout de Cape Elizabeth, Monhegan Island dix miles au large où le peintre passa quatre étés, le phare de Pemaquid Point au sud de Bristol, Portland et ses vieux bassins encombrés par les casiers à homard. Enfin Rockland, où Hopper passa en 1926 l’un de ses étés les plus productifs.

Paul Lemke/fotolia.com - Phare du cap Elizabeth
Paul Lemke/fotolia.com - Phare du cap Elizabeth
The Metropolitan Museum of Art, New York - The Lighthouse at Two lights, 1929, by Edward Hopper
The Metropolitan Museum of Art, New York - The Lighthouse at Two lights, 1929, by Edward Hopper

…à New York

La Nouvelle Angleterre de Hopper a  largement de quoi se suffire à elle-même mais elle pourra aussi se combiner aisément à New York. C’est au cœur de Greenwich Village, au dernier étage du 3, Washington Square North que Hopper vécut de 1913 à sa mort. C’est en 1924, à la French Evangelical Church que fut célébré son mariage avec Josephine Nivison qui allait exiger de devenir son modèle unique. Beaucoup de sujets urbains, de rues, théâtres, ponts, restaurants et cinémas proviennent de New York. Comme les tableaux New York Movie et Room in New York. Et on a déjà mentionné le Whitney Museum à qui Josephine légua la plupart des œuvres du couple.

Hopper visita également le Mexique, Santa Fe et le Nouveau Mexique, le Wyoming, Charleston en Caroline du Sud. Il passa également 6 mois invité par la Huntington Hartford Foundation à Pacific Palisades à Los Angeles en 1959. Si celle-ci a fermé ses portes en 1965, voilà encore de belles escapades en perspective !

Hopper et le cinéma

Si Hopper n’a jamais connu personnellement de metteurs en scène de cinéma, il appréciait beaucoup le Septième Art. Ses tableaux peuvent se voir comme autant de scènes cinématographiques voire le découpage d’un story-board en couleurs. Wim Wenders a d’ailleurs dit : "les peintures d’Edward Hopper racontent le début d’une histoire".

Son influence considérable au cinéma se remarque à des degrés divers dans les films d’Alfred Hitchcock, Douglas Sirk, Wim Wenders, David Lynch, Sam Mendès ou Todd Haynes ainsi que dans les romans de Philippe Djian, très marqué par l’Amérique.

Pas étonnant qu’il y ait toujours un coin d’Amérique qui nous rappelle un Hopper…

© photo principale : Withney Museum of American Art, New York    © photos articles de haut en bas : Paul Lemke/fotolia.com ; The Metropolitan Museum of Art, New York

Mes adresses spécial Edward Hopper

Art Institute of Chicago, 111 S. Michigan Avenue, Chicago, Illinois 
Whitney Museum of American Art, 945 Madison Avenue, Manhattan, New York
Edward Hopper House Art Center, 82 North Broadway, Nyack, New York
Julietta House, 84 Prospect St, Gloucester, Massachusetts