La piste Natchez… origines

La seule route classée parc national aux États-Unis, suit sur 444 miles une ancienne piste de chasse indienne devenue la première route historique de l’Ouest. Elle relie Natchez, perle coloniale fondée en 1716 par les français, à Nashville, la capitale du Tennessee.

Un peu d’histoire

Ce sont les bateliers, surnommés les Kaintucks car nombreux étaient originaires du Kentucky, qui allaient rendre cette piste légendaire. Descendant le Mississippi sur leurs chalands chargés de coton qui partait ensuite sur la haute mer, ils remontaient ensuite à pied ou en carriole jusque dans le Tennesse. Un voyage d’un mois qui allait tomber en désuétude avec l’arrivée de la vapeur.

Cette route commerciale majeure de la fin du XVIIIe siècle aux alentours de 1825, fut la première grande piste des jeunes États-Unis en marche vers l’Ouest. Parcourue par les diligences, elle fait l’objet de quantités d’histoires de bandits de grand chemin et de contes et légendes comme la fin mystérieuse du grand explorateur Meriwether Lewis. Petit à petit, ne restèrent que de profondes ornières et des chemins creux engloutis par une forêt de Belle au bois dormant, des hameaux abandonnés et des petits cimetières, vestiges de l’activité d’autrefois. L’isolement de la région attirera les communautés amish, et même hippie au tournant des années 1970, démontrant que l’utopie peut trouver droit de cité en plein pays supposé redneck.

La piste Natchez aujourd’hui

Ses deux voies et la vitesse limitée invitent à l’exploration de la nature sudiste toute l’année. Totalement vierge d’une quelconque présence commerciale, interdite aux poids lourds, on n’y croise aucun panneau publicitaire.

National Park Service - La cascade de Fall Hallow
National Park Service - La cascade de Fall Hallow

Homochitto et Tombigbee National Forests, plantées d’arbres, lacs, étangs, bayous et cascades, forment un trait d’union bucolique entre les deux États, particulièrement agréable et spectaculaire au moment de l’été indien, vers la mi-octobre. On y pratique de nombreuses activités : observation de la faune (oiseaux migrateurs variés et en grands nombres, opossums, tatous, gibier divers, coyotes et ratons laveurs), randonnée à pied, à cheval, en canot ou à vélo. Et l’on peut suivre les traces de la piste, vite visibles dès lors que l’on s’arrête pour marcher un peu sous les branches.

Où s’arrêter en route

Renforçant le sentiment de solitude en pleine nature, la piste ne traverse absolument aucune localité. Il faut donc en sortir pour faire étape, l’occasion de plonger dans l’atmosphère sudiste d’autrefois en écoutant du blues ou de la country, et de goûter à la cuisine locale.

© photo principale : National Park Service    © photos articles de haut en bas : National Park Service