Le carnet d’adresses « Peace & love » de San Francisco

Lieux de mémoire

Golden Gate Park

Immense poumon vert rectangulaire menant du Haight au Pacifique, le parc de San Francisco, bien plus vaste que le Central Park de Manhattan, abrite une incroyable collection de musées dont le fantastique de Young Museum, des structures sportives dont le Kezar Stadium où se tinrent les premiers Gay Games en 1982. L’AIDS Memorial Grove est un émouvant lieu de recueillement dédié aux victimes du SIDA.

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Hippie Hill

Près de l’entrée est du parc au nord de Sharon Meadows, entre le Conservatory of Flowers et Haight Street, Hippie Hill  vous ramène à l’époque des sixties. Artistes et musiciens tels que Janis Joplin, le Grateful Dead, Jefferson Airplane ou George Harrison venaient y jouer gratuitement de manière impromptue. Le week-end, des cercles improvisés de batteurs de tambours se forment toujours pour y jouer des heures durant avec libations plus ou moins alcoolisées, public plus ou moins imbibé ou enfumé par les fragrances entêtantes des fumeroles d’encens et de patchouli mais pas que... La police locale est en général assez souple, l’essentiel étant de laisser l’endroit propre... On dit que "l’arbre de Janis Joplin" a juste assez de places dans ses branches pour une fille et sa guitare…

Buena Vista Park

Le plus vieux parc de la ville doit son nom pour les vues magnifiques qu’il offre sur la ville. On peut y voir entre les branches des arbres (c’est l’un des parcs les plus boisés de la ville…) le Golden Gate Bridge ou les tours de Saint-Ignatius, la cinquième du nom, qui depuis 1914 dominent le campus de l’université de San Francisco. On y croise quantités de chiens en gambade, car c’est également un parc où l’on peut promener un chien sans laisse. Mieux vaut y venir accompagné de jour et ne pas trop s’y promener la nuit à moins de rechercher l’aventure derrière les buissons…

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Hippie House, 557 Ashbury Street

Nous avons eu la chance de visiter cette vénérable demeure dessinée par Frank T. Doolan en 1903, dans le style Colonial Revival et achevée peu après le grand tremblement de terre de 1906. Norman Larson, un natif de Berkeley, l’habite depuis les années 1980 et l’a méticuleusement restaurée dans l’esprit Belle Epoque. Elle est listée au National Register for Historic Places depuis 2011 pour son architecture et non pas pour être le symbole de la contre culture comme si les années 1960 n’étaient pas encore reconnues par la cité, un comble. Pourtant, se trouvant au centre névralgique du quartier au cœur des sixties, son premier étage était un appartement collectif tandis que le rez-de-chaussée était occupé par Mnasidika, l’une des premières boutiques hippies de la ville lancée par Peggy Caserta où se rencontraient Janis, qui deviendra un temps sa compagne, et les membres du Grateful Dead. Herb Caen, l’éditorialiste du San Francisco Chronicle, rentre dans la boutique et reste pantois devant cette jeunesse bohême désireuse de refaire le monde. Il leur faut un nom. Il va rendre universel un terme d’argot peu utilisé : les "Hippies" viennent de naître. Norman, une figure locale très attachante est intarissable sur l’époque, même s’il reconnaît ne pas être un authentique hippie lui-même, contrairement à ce que sa longue barbe pourrait laisser croire...

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La maison de Grateful Dead, 710 Haight Street

Le Grateful Dead fut, avec Jefferson Airplane, l’un des groupes pop parmi les plus emblématiques du son West Coast. S’attaquant et mêlant tous les genres, spécialistes de très longues sessions improvisées inspirées par diverses substances licites ou pas, il personnifie l’époque dorée de la musique californienne psychédélique. Menés par le phénoménal Jerry Garcia, le groupe habita et composa dans cette jolie demeure victorienne jadis imprégnée de la lourde senteur de la marijuana de 1965 à 1968. D’ailleurs la police y fera une descente le 2 octobre 1967… La maison n’est pas ouverte au public. Si vous faites partie des fans du groupe, les "deadheads", au nombre desquels figurent Al Gore ou Steve Jobs, vous vous rendrez aussi au nord du Golden Gate Bridge du côté de San Rafael, la base du groupe jusqu’aux années 1990. Au bord de l’eau, le restaurant Terrapin Crossroads (100 Yacht Club Drive, San Rafael) est la propriété du guitariste Phil Lesh, l’un des membres fondateurs du groupe. Et puis on peut aussi s’offrir une nuit dans la suite de l’hôtel Triton du côté de Union Square dont le décor funky et psychédélique a été imaginé par le guitariste.

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L’appartement de Janis Joplin, 122 Lyon Street

Venue d’Austin pour vivre loin des pesanteurs texanes, Janis Joplin vécut dans cette petite maison typique de juin 1967 à avril 1968 à seulement quatre blocks du carrefour Haight-Ashbury. Elle était récemment en vente pour 1,8 millions de dollars...

Haight Ashbury Free Medical Clinic, 558 Clayton Street

Le 7 juin 1967, le docteur David E. Smith inaugure ce local après avoir rassemblé une poignée de bénévoles et ramassé ce qu’il peut trouver d’échantillons de pénicilline et de tranquillisants dans les hôpitaux. Il commence à soigner les victimes de "very bad trips" et de maladies vénériennes. Le DEA (le département antidrogue) l’avertit que si ses patients continuent à dealer dans la salle d’attente, ils seront obligés de fermer. Au plus fort de l’été, il reçoit jusqu’à 250 personnes par jour 24/24… Des concerts sont donnés au Fillmore et ailleurs pour subventionnés la clinique manquant de ressources. La clinique est l’occasion de faire des rencontres. Rien de mieux pour y trouver des filles ! Aux dernières nouvelles, cette adresse historique devrait fermer au profit de celle de Mission.

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Fillmore Auditorium, 1805 Geary Boulevard

Salle de bal inaugurée en 1912 devenue un anneau de patinage dans les années 1940, elle fut transformée par Bill Graham, le légendaire promoteur de rock, en l’un des temples de la pop music. Le 10 décembre 1965, les Warlocks y  deviennent The Grateful Dead qui devinrent des habitués des lieux y donnant pas moins de 51 concerts en moins de 4 ans. S’y produisirent jusqu’en 1969, Jefferson Airplane, Quicksilver Messenger Service, Paul Butterfield Blues Band, The Mothers of Invention, Jimi Hendrix, les Doors, les Byrds, Big Brother and the Holding Company avec leur chanteuse Janis Joplin, Santana, Country Joe and the Fish, Sly & The Family Stone, Bob Dylan, les Yardbirds, les Who, le Velvet Underground, Pink Floyd, Traffic, Led Zeppelin, Cream, Blood Sweat and Tears, Chuck Berry, Otis Redding, Aretha Franklin, Howlin’ Wolf, Captain Beefheart, B.B. King, Muddy Waters, autant dire la crème de la crème de la pop, du rock, du blues, de la soul et même du jazz avec Count Basie et Miles Davis, faisant de cette salle une légende. À propos, il se murmure que Jimi Hendrix et Janis Joplin auraient fait l’amour en coulisses. Les concerts sont dansants sous des jeux de lumières stroboscopiques, une nouveauté à l’époque.

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Fillmore West, 10 South Van Ness Avenue

En 1968, Bill Graham ouvre le pendant de son Fillmore East dans l’East Village à New York, sur la côté ouest. Fermé en 1971, son emplacement est aujourd’hui hélas par une concession automobile… un sacrilège quand on sait que c’est ici que Janis Joplin monta sur scène pour la dernière fois, que les Who y jouèrent en intégral leur opéra rock "Tommy", qu’Eric Clapton y accomplit ses derniers solos pour Delaney and Bonnie le groupe qu’il dirigeait  à l’époque, qu’en 1969 Keith Emerson y fit un bœuf avec Greg Lake avant de croiser en juin 1970 Carl Palmer pour former Emerson, Lake and Palmer ! Le dernier soir, la salle ferma avec au programme Creedence Clearwater Revival et Santana…

The Matrix, 3138 Fillmore Street

Quand Marty Balin ouvre cette salle en 1965, il a enfin trouvé un lieu où son groupe peut jouer. Il n’a pas encore de nom mais le soir du premier concert, c’est décidé, il s’appellera Jefferson Airplane. Grace Licks et sa voix incroyable les rejoindra un peu plus tard. Tous les groupes qui comptent à San Francisco dans les années 1960 vont y passer faisant le lien entre la folk et le rock psychédélique, notamment Quicksilver Messenger Service, Sopwith Camel, Country Joe and the Fish, Steve Miller Blues Band, Steppenwolf appelé Sparrow à l’époque (le moineau va se faire loup des steppes…), les Doors, les Chamber Brothers, Santana. Fermé en 1972, Matrix a rouvert en 2001 mais dans un style certainement plus chic et plus policé…

Winterland Ballroom, Post Street & Steiner Street

Encore une salle mythique disparue par la faute de promoteurs avides... Connue aussi sous le nom de Winterland Arena, cette patinoire ouverte en 1928 pouvait accueillir 5400 spectateurs, bien davantage que le Fillmore Auditorium, une opportunité que ne pouvait laisser Bill Graham. Tous les grands noms du rock y sont passés : Bruce Springsteen, KISS, les Rolling Stones, les Who, Queen, Cream, Yes, les Doors, Jimi Hendrix, Steppenwolf, Lynyrd Skynyrd, l’Allman Brothers Band, Grateful Dead, Big Brother & The Holding Company avec Janis Joplin, Jethro Tull, Pink Floyd, Electric Light Orchestra, Genesis, Jefferson Airplane, Traffic, Grand Funk Railroad, Bob Seger et le Silver Bullet Band, Emerson, Lake & Palmer, Deep Purple, Tom Petty & les Heartbreakers, Elvis Costello. Led Zeppelin y joua pour la première fois en public Whole Lotta Love. Le Band, le groupe qui accompagna Bob Dylan pendant des années, y donna son concert d’adieux, The Last Waltz filmé, Dieu merci, par Martin Scorsese, le jour de Thanksgiving le 25 novembre 1976. Au nombre des invités figuraient Bob Dylan, Paul Butterfield, Neil Young, Emmylou Harris, Ringo Starr, Dr. John, Joni Mitchell, Van Morrison, Muddy Waters, Ronnie Wood, Neil Diamond, les Staple Singers et Eric Clapton. Winterland ferma à la St Sylvestre de 1978 avec un concert de 8 heures avec notamment Grateful Dead (eux-mêmes jouèrent 6 heures…). Démoli en 1985, on y construisit à la place un immeuble d’appartements. Pour se consoler, on ira dîner au Trident à Sausalito que Bill Graham avait intégralement remercié après un concert grandiose des Rolling Stones en 1972 (voir plus loin).

Red Victorian Peace Center and Bed and Breakfast, 1665 Haight Street

Soucieuse de préserver les idéaux des sixties, Sami Sunchild achète le Red Vic en 1977. Elle fait de cet hôtel de 1904, un lieu de rencontre et de partage, décorant les chambres dans l’esprit du Summer of Love, exposant ses peintures dans la Peace Arts Gallery du rez-de-chaussée. Depuis sa rénovation en 2014, le style est devenu plus zen avec des dominances de blanc. Néanmoins l’esprit Peace and Love perdure. L’endroit se veut davantage une communauté (on remplit sa demande de séjour comme s’il s’agissait d’une adhésion) qu’un hôtel avec de nombreuses manifestations, événements, conférences, projections, discussions etc. Les clients de passage cherchant à vivre une expérience originale et pas seulement le gîte sont vivement encouragés à y participer.

 

À l'extérieur de San Francisco

Candlestick Park, 4900 Marie P. DeBartolo Way et Tasman Avenue, Santa Clara

C’est dans ce stade, aujourd’hui le Levi’s Stadium, le quartier général des Forty-Niners, l’équipe de football de la NFL, que les Beatles donnèrent leur dernier concert en public le 29 août 1966.

Altamont Motorsports Park, 17001 Midway Road, Tracy

Le 6 décembre 1969, la fête tourne en cauchemar à 50 miles de San Francisco près de Livermore (les Stones s’étaient vu refuser le Golden Gate Park). Le concert gratuit donné par les Rolling Stones, où se produisaient également  Santana, Jefferson Airplane, les Flying Burrito Brothers, Crosby, Stills, Nash & Young (excusez du peu), voit la mort d’un spectateur de 18 ans Meredith Hunter, poignardé par l’un des Hells Angles chargés du service d’ordre. Drogué, il avait sorti un revolver menaçant la foule ou la scène. L’événement amplifiera la réputation de bad boys des Stones qui n’y étaient pas pour grand-chose. À noter que c’est ici que Brown Sugar (encore une histoire de drogue) fut joué pour la première fois en public. Les amateurs reverront Gimme Shelter, l’indispensable documentaire des frères Maysles montré au Festival de Cannes hors compétition en 1971 dont le titre est celui d’une chanson phare des Stones.

Santa Rosa Fairgrounds, 1350 Bennett Valley Road, Santa Rosa

Lors d’une balade au nord de la Baie en direction des vignobles ou de la côte au-delà de Muir Woods, vous passerez peut-être à Santa Rosa. Sa situation proche de San Francisco faisait que de nombreux groupes ajoutaient une date à leur tournée dans la région, le jeudi ou le dimanche. 4 000 fans assistèrent par exemple à un concert des Yardbirds le 21 juillet 1967 lors de la foire du comté de Sonoma, une assistance importante compte tenu de la taille de la population. Parmi les groupes qui s’y produisirent, citons Quicksilver Messenger Service, Canned Heat, The Animals, Big Brother, Steppenwolf et Iron Butterfly.

B.R. Cohn Winery, 15000 Sonoma Highway, Glen Ellen

Prouvant que le vin et le rock font bon ménage, Bruce Cohn, est l’heureux manager depuis leurs débuts en 1969 des Doobie Brothers, un groupe de rock originaire de San José qui s’est souvent produit au Château Liberté. Ce bar perdu dans les Santa Cruz Mountains voisines était un ancien relais de diligence et l’ambiance pouvait y être très chaude, l’endroit étant devenu un lieu de ralliement des Hells Angels. Hormis les Doobies, Hot Tuna, Jerry Garcia, Deep Purple y sont venus jouer. Depuis 1984, il est l’heureux propriétaire de ce domaine au cœur de la Sonoma Valley, l’un des vignobles californiens les plus réputés. Il produit aussi une excellente huile d’olive. Avant ou après la dégustation, admirez la collection de disques d’or et de platine ornant les murs avec des photos du groupe en action et des souvenirs. L’endroit accueille plusieurs concerts par an souvent avec les Doobies. Depuis 2015, le B.R. Cohn Charity Fall Music Festival, renommé Sonoma Music Festival a lieu au Sonoma Valley Field of Dreams chaque début octobre. Les amoureux de la littérature US en profiteront pour aller voir le ranch de Jack London à proximité.

The Trident, 558 Bridgeway, Sausalito

En 1960, le Kingston Trio, alors au faîte de sa gloire, achète le Yacht Club de Sausalito, un village de pêcheurs en face de San Francisco, et y installe un restaurant. L’endroit abrite une communauté flottante avec une population d’artistes et de marginaux séduits par la vie dans ces maisons flottantes. Ce campement de fortune va attirer les Beatnicks puis les Hippies. Au cœur des sixties, l’endroit décontracté devient vite le lieu de rendez-vous des artistes et les célébrités de passage dans la région. Janis Joplin y a sa table réservée, Jerry Garcia, Joan Baez, Clint Eastwood, Bill Cosby montent sur scène et Bill Graham organise les réjouissances d’après concert dont les Rolling Stone se souviennent encore. Le décor d’origine est immortalisé en 1971 dans Tombe les filles et tais-toi de Herbert Ross où un Woody Allen irrésistible est inspiré par le fantôme de Humphrey Bogart. Otis Redding commença son grand titre posthume Dock of the Bay lorsqu’il résidait sur un houseboat de Waldo Point en 1967.

 

Boutiques, bars et autres adresses

C’est l’un des aspects les plus amusants du Haight qui permet de se vêtir de pied en cap comme un vrai Hippie en chinant dans les magasins de fripe vintage, recyclée ou fabriquée avant-hier, des vinyls ou des bouquins sur l’époque.

Bound Together Bookstore, 1369 Haight Street
Une librairie au parfum protestaire et anarchiste.

Jammin’ the Haight, 1400 Haight Street
Idéal pour se donner un look bohémien vintage.

Held Over, 1543 Haight Street
Prix plus raisonnables, on y trouve à peu près tout de 1940 à 1990.

Bang-On T-Shirts, 1687 Haight Street
Spécialisé dans le t-shirt et en particulier ceux des groupes des années 70 et 80.

Piedmont Boutique
Visible de loin depuis 1972, son emblématique paire de jambes géantes gainées de bas résille et chaussées de talons rouges sortant par la fenêtre annoncent la couleur : on y trouve tout et n’importe quoi pour s’habiller selon ses envies, un soir Drag queens, le lendemain disco etc. Vaut vraiment le détour.

Tibet Styles, 1707 Haight Street
On s’y presse pour  ses créations du Tibet et du Népal depuis la fermeture de Dreams of Kathmandu.

Amoeba Music, 1855 Haight Street
Ouvert dans un ancien bowling dans les années 1990, ce magasin propose une exceptionnelle collection de disques neufs et d’occasion d’artistes reconnus, beaucoup moins ou inconnus qui peuvent être excellents, ainsi que des films. Consultez le planning des concerts qui ont lieu sur place.

Wasteland, 1660 Haight Street
Depuis leur première boutique de Berkeley en 1985, Joe Swinney et Cheryl Cohen ont fait du chemin, créant un style à base de vintage, proposant des designers indépendants et des labels uniques, le tout à des prix relativement abordables à tel point que les Marc Jacobs, Vivienne Westwood, Miuccia Prada et consorts viennent y chercher l’inspiration…

Trax Bar, 1437 Haight Street
Dernier bar gay de Haight-Ashbury, cet endroit décontracté est fréquenté tout autant par les hétéros, tous séduits par la variété des cocktails et leurs prix, notamment le mardi soir. Où peut-on encore trouver de la bière à $2 ?! Et on n’oublie pas l’humour des barmen…

 

Festivals et manifestations

420 in the Park

Chaque 20 avril, des milliers de personnes rappliquent sur Hippei Hill au Golden Gate Park, le fête culminant à 16h20 (4.20pm), rien à voir avec une régate. Cercles de tambours, danses et feux de Bengale sans oublier les senteurs diverses, le spectacle est dans la salle… La police laisse en général les fumeurs tranquilles. La locale en tout cas, la fédérale étant un autre problème.

Bay to Breakers

Chaque troisième dimanche de mai, cette course à pied de 7,5 miles (environ 12 km) rassemble une  foule d’environs 60 à 80000 personnes. Allant de l’Embarcadero à Ocean Beach en traversant le Golden Gate Park sur toute sa longueur (de la Baie aux brisants), c’est l’une des plus anciennes courses urbaines au monde. Lancée en 1912 pour remonter le moral des habitants après le grand tremblement de terre de 1906, elle est le prétexte à la fête avec un grand F. En dehors d’animations ou concours loufoques comme le lancer de tortillas, on voit aujourd’hui ses participants porter des déguisements assez extravagants voire même quasiment pas de costume du tout… ! On ne compte plus les Superman, Batman, Wonder Woman, Spider-Man ou autres Blues Brothers sans oublier les personnages échappés de Star Wars. Alors à vous de jouer !

Festival of Chariots

Hommage traditionnel à Hare Krishna, le Festival of Chariots, a été importé à San Francisco lors du Summer of Love de 1967. Le chef de la communauté locale en eut l’idée en voyant passer des camions à plateaux sous ses fenêtres de dupliquer le Ratha Yatra du festival de Puri en Inde… Ayant récupéré un vieux camion Hertz, les disciples se dirigèrent au Golden Gate Park bientôt escortés par la police suivie de centaines de processionnaires. La tradition perdure dans le parc à la mi-août avec danses indiennes, musique et nourriture végétarienne, les chariots étant désormais tirés par des cordes… !

Haight Ashbury Street Fair

Lancée en 1978 avec le soutien de Harvey Milk, homme politique local ouvertement homosexuel assassiné (cf. le film éponyme de Gus Van Sant avec Sean Penn), la Haight Ashbury Street Fair (HASF) célèbre chaque mois de juin la diversité culturelle et artistique du quartier. Les artisans présentent leurs créations, les cuisiniers leurs recettes et les artistes jouent leurs derniers morceaux sur l’une des trois scènes. Sans doute le moment le plus sympa pour visiter le quartier.

© Photo principale : David Yu / Flickr ; © Photos de l'article : n°2 Roger, n°3 torbakhopper, n°4 Sanfranman59, n°5 Daniel Schwen, n°6 Sarah Razak, n°7 Michael Beaton