… de la Pan Am

Certain(e)s ont rêvé toute leur vie d’être une hôtesse de l’air, d’autres, tout petits déjà, voulaient être commandant de bord. L’aviation commerciale a toujours stimulé bien des fantasmes même si aujourd’hui, le transport aérien est le moment le moins glamour du voyage… Alors comment s’étonner qu’un studio cinématographique de la San Fernando Valley fondé en 2001, le bien nommé Air Hollywood ait eu l’idée de faire (re)vivre l’âge d’or de l’aviation transatlantique le temps d’un dîner thématique.

Air Revival

En 1969, Boeing lance son gros porteur 747, révolutionnant le transport aérien. Pan American World Airways, la déjà légendaire Pan Am, est la première compagnie à commander et à mettre en service le fameux Jumbo Jet.

Par la magie du cinéma, nous montons dans une réplique du 747 Juan T. Trippe,  frappée du célèbre macaron bleu et blanc de la Pan Am, pour un voyage en Première Classe, réservé exclusivement aux happy few dans les années 1970.

Convié à ce vol "inaugural", dans un site proche de l’aéroport de Burbank au nord de Hollywood, nous n’avons pas été déçu. Avec un souci du détail plutôt poussé, le studio a entièrement recréé l'expérience telle qu’elle se déroulait à l’époque, quand le passager était le roi et avait l’impression qu’il embarquait pour une vraie croisière de luxe.

Enregistrement et carte d'embarquement

Nous sommes accueillis par des hôtesses souriantes et en tenue d’époque devant un comptoir d’enregistrement First et Clipper, le nom de la classe affaire de la Pan Am. De toute manière, il n’y a pas de classe économique à bord sur ce vol. Ces demoiselles nous remettent une carte d'embarquement comme on n’en fait plus. Pas étonnant elle est datée de 1970 ! Nous avons même droit à la petite pochette en papier et aux étiquettes First.

Nous avons également accès au Clipper Club, le salon d’attente de la compagnie équipé de toute une déco et d’objets vintage.

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Fasten your seat belt

À l’appel du vol, nous nous dirigeons vers l’embarquement. À l’entrée de notre appareil, les hôtesses de l'air, vêtues de l’uniforme de la compagnie aux lignes furieusement sixties et entièrement d'époque, nous proposent une première coupe de champagne.

Nous déambulons dans les travées en explorant l’avion, montant par l’escalier en colimaçon sur le pont supérieur placé immédiatement derrière le poste de pilotage. Chaque cabine est une exacte réplique et dans les moindres détails du décor original, que ce soit en Clipper ou en First.

Une fois assis dans nos Sleeperette (dormeuses ?...), nous avons droit aux consignes de sécurité – elles ne paraissent pas avoir beaucoup changé depuis– suivi d’un message de bienvenue du capitaine.

Un menu étoilé

C’est le début du service et le menu est très similaire à celui proposé  dans les années 1960,et inspiré  de la carte de chez Maxim’s. Le repas est bien entendu servi dans la vaisselle originale. Il débute par un hors-d’œuvre au choix, cocktail de crevettes ou salade tomates et mozzarella. Pour le plat principal, choix tout aussi cornélien entre un superbe Chateaubriand découpé sous nos yeux, ou un poulet rôti. En bon amateur de viande, nous optons pour le premier à la cuisson parfaite tout comme les pommes de terre l’accompagnant. Il y avait même un plat végétarien avec des pâtes… Le chariot de fromages arrive avec les crackers et le porto comme le veut la tradition aérienne américaine. La ronde des desserts ne nous donnera pas le tournis car nous jetons notre dévolu sur le Sundae, au fudge au chocolat remarquable d’onctuosité. Café et pousse-café, bien entendu donnent la touche finale, histoire de continuer à planer...

Un film dans le film ?

Après le dîner, nous avons la surprise de nous voir proposer une sélection de films forcément rétro. Il y a un peu tous les styles mais nous ne jetterons qu’un coup d’œil distrait à l’écran, préférant discuter avec nos voisins.

Après le digestif, et pour rester sur le thème du cinoche, nous partons pour la visite du studio. Les reproductions d'avion et d’aéroport ont figuré dans des films comme Intolérable Cruauté, Kill Bill, Le Loup de Wall Street, mais aussi de nombreuses séries télé et autres clips publicitaires. On découvrira même le cockpit de Y a-t-il un pilote dans l'avion ? et quantités d’accessoires bien dans leur jus.

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Désarmement des toboggans

Nous apprenons en discutant avec des responsables du studio, qu’après bien des vicissitudes, le vrai 747 Juan T. Trippe a été transformé en restaurant dans la banlieue de Séoul avant d’être ferraillé. La Pan Am a suivi la même courbe, après avoir dominé le transport aérien mondial avec, à son apogée en 1968, un réseau qui s’étendait dans 86 pays sur tous les continents. Depuis qu’elle a cessé ses opérations en 1991, imitée par sa grande rivale TWA un peu plus tard, on peut dire que le transport aérien n’a plus jamais été le même, et on ne dit pas ça uniquement par nostalgie.

Revivre la magie de cet âge d’or ne sera pas donné à tout le monde. Si vous ne voulez pas manquer l’occasion de vous sentir un peu spécial, et voler dans la grande tradition, réservez vite votre siège : le calendrier des "départs" est très limité puisqu’il n’y a, pour le moment, que six dates prévues entre la mi-janvier et mars 2015, six soirées à passer à bord d’un avion qui ne décollera jamais... Ca n’est bien sûr pas donné mais comparé au prix d’un vrai vol d’aujourd'hui…

En savoir plus sur The Pan Am Experience
Air Hollywood, 13240 Weidner Street, Los Angeles, CA 91331, Tél. : 818 890 0444
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© photo principale : Air Hollywood ; © autres photos : Air Hollywwod