Que faire à San Antonio ?

Bien avant que Tony Parker n’en fasse la pub grâce à ses exploits en NBA, nous rêvions déjà de découvrir San Antonio, aujourd’hui la seconde ville du Lone Star State, et sans doute celle qui exprime le mieux l’âme texane. Son histoire exceptionnelle, sa diversité culturelle, son ensoleillement et des prix raisonnables méritent amplement le détour.

Remember the Alamo !

L’histoire d’une résistance historique

Fort Alamo
Fort Alamo

Bien sûr on commence tout de suite par El Alamo (le peuplier). Cette mission établie par les Espagnol au début du XVIIIe siècle, est aujourd’hui le site du Texas le plus vénéré, à cause de la résistance héroïque de 189 volontaires texans et américains aux forces fédérales mexicaines au moins quinze fois plus importantes et emmenées par l’impitoyable dictateur-général Antonio López de Santa Anna.

Après près de deux semaines de siège féroce par les Mexicains, les derniers défenseurs texans furent écrasés et la petite poignée de survivants fut massacrée le 6 mars 1836. Mais tandis que se perpétrait le carnage, Sam Houston organisait une contre-attaque. Le 21 avril suivant, les Mexicains allaient être balayés en moins de vingt minutes à San Jacinto, près de l’actuelle Houston, aux cris de "Remember the Alamo !", précipitant l’indépendance chèrement acquise du Texas. Alamo devenait pour l’éternité un symbole de liberté et de résistance à l’oppression.

Sur les traces du Fort Alamo

Inutile de vous dire que le site est très fréquenté, chaque Texan et chaque Américain se devant d’y faire le pèlerinage quel que soit son âge et tout le monde voulant voir le célèbre porche de l’église, symbole de ce lieu sacré. On est surpris de découvrir que l’accès au site et ses annexes comme le musée logé dans les anciens baraquements est gratuit. Chapeau ! L’intérieur de la chapelle, avec ses murs bruts, quelques vitrines exposant des objets et des documents, et les drapeaux des différents pays ayant mis le pied au Texas (y compris la fleur de lys française), est particulièrement émouvant. Au final, nous avons été surpris de constater que nous y avions passé trois bonnes heures.

Pour être complet sur le sujet, il est intéressant de voir au cinéma Imax voisin, et même si c’est en anglais, le docudrama de 45 minutes Alamo, The Price of Freedom. Projetée sur écran géant, la bataille prend un relief particulier vous donnant l’impression d’être au cœur de l’action.

San Antonio des rues et San Antonio de la rivière

La promenade du Riverwalk à San Antonio
La promenade du Riverwalk à San Antonio

Les 4 kilomètres de la promenade du Riverwalk, alias le Paseo del Rio, sont le lieu de rendez-vous de tous, locaux et touristes, attirés par les taxis d’eau, restaurants et boutiques. Ici les aubades tonitruantes des mariachis battent leur plein (« quelle revanche des Mexicains » ne peut-on s’empêcher de remarquer perfidement).

C’est une balade loin d’être ennuyeuse, notamment en nocturne, si l’on accepte la foule des week-ends, fêtes et autres festivals. C’est d’ailleurs l’un des aspects très agréables de San Antonio : malgré sa taille, on peut se balader assez facilement à pied dans le centre.

Entre le Riverwalk et Market Street, le très joli Briscoe Western Art Museum, consacré à l’Ouest américain, son histoire et l’art qu’il a inspiré, occupe une ancienne bibliothèque datant de 1930. On peut y voir une épée de Santa Ana ou une selle ayant appartenu à Pancho Villa au milieu d’œuvres d’art contemporaines ou autres objets indiens.

Enfin, la Tower of America, au cœur de Hemisfair Park, construite pour l’exposition internationale de 1968 et offrant une vue panoramique sur la ville n’apporte finalement pas grand-chose de plus qu’un repérage aérien de quelques sites.

Autour de la cathédrale San Fernando

Le goût du Mexique

Market Square
Market Square

À l’ouest de la rivière, la cathédrale San Fernando, achevée en 1750, et à ce titre la plus ancienne des États-Unis, est un autre stop avant Market Square. En 1831, Jim Bowie y épousa Ursula de Veramendi. Ici, dépaysement mexicain garanti ! Il faut dire que le pourcentage de chicanos au Texas et à San Antonio en particulier doit être considérable. Au programme : boutiques d’El Mercado (ou Market Plaza), animé par les mariachis, et La Villita Historical District, le village de Valero originel, dont les antiques bâtiments en adobe dispersés autour de quatre plazas de poche, Cos House, Juarez, Nacional et Maverick, abritent une enclave artistique depuis 1939.

La Villita

Bizarre et kitsch américains

Arrêtez-vous un instant au Buckhorn Saloon & Museum. Si le bar-restaurant, à l’histoire et au décor hauts en couleurs est libre d’accès (à part la bière locale ou de délicieuses margaritas…) et peut faire un stop sympa pour le déjeuner, le Buckhorn Museum et le Texas Ranger Museum font l’objet d’un ticket avoisinant tout de même les 20 dollars.

Le Buckhorn Museum est un incroyable cabinet de curiosités dont le clou consiste en plus de 520 bestioles empaillées, venues des sept mers comme des cinq continents. Drôle d’ambiance…

Le Texas Ranger Museum, qui n’a aucun lien avec le musée officiel des Texas Rangers de Waco, est plus normal avec ses armes à feu, insignes, documents et photographies.

Ranger Town est une réplique de San Antonio à la fin du XIXe siècle avec saloon, prison et atelier de maréchal-ferrant. On y voit une Ford V8 Deluxe de 1934 identique à celle de Bonnie and Clyde dont le Texas était le terrain de jeu favori…

Sur les traces de José Antonio Navarro

Plus historique, classée State Historic Site, la Casa Navarro était la demeure de José Antonio Navarro (1795-1871). La maison, simplissime avec ses murs d’adobe blanchis, date des années 1850 et raconte la vie de ce rancher et marchand, farouche défenseur des droits du Texas (il fut l’un des deux seuls purs Texans à signer la Déclaration d’Indépendance), avec quelques meubles et des expos interactives surprenantes dans un lieu aussi rustique. Depuis 2012, les murs cernant la bâtisse sont joliment décorés de fresques d’une quinzaine de mètres réalisées par Jesse Trevino et Elizabeth Rodriguez, artistes locaux réputés, mettant en relief l’ancien occupant des lieux.

Découverte d’un schön quartier

On a bien aimé aussi flâner dans le King William Historic District. Au sud du centre, c’était le quartier des colons d’origine germanique (d’où le nom du roi de Prusse donné au quartier), très nombreux à s’installer au Texas. Aujourd’hui dans le secteur plus calme de Southtown, c’est un endroit agréable pour faire un peu de shopping et trouver un bistrot sympa. On y trouve de superbes maisons victoriennes comme la Guenther House de 1860, occupée aujourd’hui par un restaurant.

Les amateurs d’architecture s’en donneront à cœur joie avec la multitude de quartiers historiques, de bâtiments classés, de style beaux-arts ou Art déco, en s’offrant un tour à pied guidé de la ville. On a particulièrement apprécié le St. Paul Square Historic District, à l’est du centre dont le chef d’œuvre est l’ancienne gare de 1902, construite dans le style Mission Revival, pour le Southern Pacific.

Buckhorn Museum
Buckhorn Museum
Mes adresses à San Antonio
Casa Navarro State Historic Site, 228 South Laredo Street
The Buckhorn Saloon Museum et the Texas Ranger Museum, 318 E. Houston Street
Briscoe Western Art Museum, 210 W. Market Street
Fort Alamo, 300 Alamo Plaza
© photo principale : San Antonio Convention & Visitors Bureau    © photos articles de haut en bas : San Antonio Convention & Visitors Bureau