San Francisco, la terre promise des Hippies

Au début des années 1960, aux USA, la bohème beatnik commence à quitter le secteur de North Beach devenu trop cher pour émigrer dans le quartier de Haight–Ashbury à l’est du Golden Gate Park juste au sud de sa panhandle. Ses vastes maisons victoriennes décaties bon marché peuvent accueillir en nombre des locataires décidés à adopter un mode de vie communautaire, imprégnés des philosophies et religions orientales mais aussi de christianisme, Jésus étant considéré comme le premier Hippie…

Un quartier qui devient centre du monde

Quantités de jeunes venus de toute l’Amérique en stop, en Greyhound ou en combi Volkswagen, attirés par l’idéalisme illustré par l’utopique slogan "Peace and Love" (en français "Faites l’amour, pas la guerre", l’un des mantras abondamment repris en mai 1968), vont investir Haight–Ashbury, lançant une mode qui va faire florès, c’est le cas de le dire. Le quartier abrite environ 150 000 personnes alors qu’on y comptait jusqu’alors que 15 000 habitants…

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C’est le temps du Flower Power, des chemises à fleurs, tenues bariolées autant qu’excentriques, cheveux longs et des tuniques indiennes et des bonnets andins, de nippes rétros ou d’uniformes recyclés. Si les hippies sont sensibles à la protection de l’environnement, leur herbe n’est pas plus verte. La drogue, cachets de LSD apprécié pour ses instants Nirvana (sic) mais surtout joints de cannabis, est partout à tel point que le quartier sera surnommé "Hashbury"…

Une ville symbôle

La chanson commerciale de Scott McKenzie, San Francisco (Be Sure to Wear Flowers in Your Hair), devient elle aussi un tube mondial et propulse la culture hippie et San Francisco au premier rang de la scène. Ecrite par John Phillips du groupe Les Mamas & Les Papas pour le Festival Pop de Monterey qui a lieu au sud de San Francisco du 16 au 18 juin 1967, elle sera reprise en France par Johnny Hallyday. C’est ce festival magique au plateau exceptionnel qui lança la carrière d’un inconnu de retour d’Angleterre, Jimi Hendrix, autre chantre de la musique psychédélique, présenté sur scène par Brian Jones, le seul des Rolling Stones présent… Les spectateurs y découvrent aussi l’immense talent d’Otis Redding, les artistes noirs étant encore très peu connus du jeune public blanc américain.

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Et aujourd’hui que reste-t-il ?

Le quartier d’Ashbury-Haight fut le point de départ de l'affirmation homosexuelle et il illustre encore aujourd’hui la tradition de liberté d’expression et de tolérance de la ville avec ses boutiques alternatives ou avant-gardistes. Malgré l’épidémie de SIDA qui ravagea les milieux gays, le Haight va pourtant rester le foyer de l’amour libre. Surnommé l’ "outer Castro" (Castro étant le quartier des homosexuels de San Francisco), il va accueillir sans discrimination toutes les tendances sexuelles contribuant au rayonnement du libéralisme sous toutes ses formes Made in San Francisco.

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Le quartier est aujourd’hui tout de même bien plus calme que dans les sixties. On ne trouve plus d’artistes branchés sur le psychédélisme ou de communautés pratiquant l’amour libre. Néanmoins les rues alignent toujours ces délicieuses constructions typiques de la ville (Les célèbres Painted Ladies d’Alamo Square sont à quelques pas seulement à vol d’oiseau) alliant couleurs flamboyantes et détails architecturaux d’exception. Contrastant avec cette architecture victorienne villageoise, de nombreuses boutiques à la façade bizarre ou provocante dont l’intérieur flamboyant, ou les objets et les fringues que l’on pourrait croire d’époque, possèdent un fort pouvoir évocateur, reflétant les racines et l’histoire du mouvement hippie.

© Photo principale : Wackystuff / Flickr ; © Photos de l'article : n°2 MK Feeney, n°3 Luis Villa del Campo, n°4 StanTheCaddy / Flickr