Venice Beach, la Venise de l’Amérique

Contrairement à son homonyme italienne, Venice Beach n’existe que depuis le début du XXe siècle mais comme elle, elle regorge de canaux. Créée par Abbot Kinney et son partenaire Francis Ryan – tous deux millionnaires de l’industrie du tabac – cette petite station balnéaire au sud de Santa Monica est depuis sa création un endroit unique et mythique de la côte californienne. Découverte de celle qui eut ses heures de gloire au début du siècle dernier, puis devint le paradis des hippies et l'eldorado des bobos et autres excentriques.

La naissance d'une station balnéaire pas comme les autres

Abbott Kinney et son comparse commencent par acheter une bande de terrain le long du Pacifique. Leur but : construire une station balnéaire. Kinney parvient à ses fins en faisant construire une jetée truffée d’attractions, un mini-chemin de fer, un mini-golf, des montagnes russes, des manèges en tous genres et même des shows aériens … Venice of America prend vite le surnom de Coney Island of the Pacific.

Parallèlement, Kinney fait creuser des canaux au sud de la ville et importe des gondoles et même des gondoliers d’Italie ! En effet, le succès de l’aspect « divertissement » ne doit pas empiéter sur le côté culturel de la petite ville qui doit faire honneur à son nom ! Le résultat est charmant et la ville attire de plus en plus de visiteurs et d’habitants. En 1926, elle est rattachée à Los Angeles et devient Venice Beach. Mais la mise en place de la prohibition et la grande dépression ternissent rapidement et durablement l’image de la belle Venise qui tombe peu à peu en décrépitude…

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Les plages de Venice Beach, rendez-vous des sportifs qui aiment voir et être vus. © Elisabeth Blanchet

De Slum by the sea au paradis des hippies

… à tel point qu’elle acquiert le surnom qui aurait fait Kinney se retourner dans sa tombe de Slum by the sea (Bidonville-sur-mer). Entre la fin des années 1920 et le début des années 1950, Los Angeles investit en effet à peine dans la ville. Du coup, ses bungalows décrépis et ses petits loyers attirent de nombreux immigrants dont bon nombre de survivants de l’holocauste mais aussi une nouvelle vague d’artistes, de musiciens, d’écrivains, bref, d’une certaine contre-culture qui voit en Venice Beach un terrain de jeu idéal. La Beat Generation s’installe et traîne à la Gas House sur le front de mer et au Venice West Café, Jim Morrison et ses comparses forment The Doors, l’acteur Dennis Hopper y élit domicile. Venice Beach prend une nouvelle identité hippie…

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Venice Beach cultive le lâcher prise avec beaucoup d'élégance. © Elisabeth Blanchet

Gentrification et free spirit

Une identité qui se ternit quelque peu dans les années 1980 et 1990 à cause de la présence de gangs rivaux qui se disputent les territoires de vente de drogues jusqu’au début des années 2000 où un nouveau phénomène – ajouté bien sûr au travail de la police – repousse les gangs : la gentrification.

Venice Beach redevient cool, les bungalows et autres petites maisons en bois sont de nouveau soignés, repeints, un style néo-hippie s’empare des rues de Venice Beach et du fameux Boardwalk avec ses magasins trendy, ses cafés, ses terrains de jeux, son skate park, jusqu’à la fameuse plage de Muscle Beach où on se muscle au grand air sous le regard des passants… Venice Beach vit aujourd’hui un nouveau souffle, certes un tantinet bobo mais avec une bonne dose d’excentriques, d’artistes et de personnes venus de tous horizons et milieux. Un melting pot by the sea !

 

Les incontournables de Venice Beach
  • Flâner sur la Boardwalk jusqu’à Muscle Beach
  • Admirer les fresques murales et graffiti que l’on trouve partout en ville
  • Découvrir les galeries d’art d’Abbott Kinney’s Boulevard
  • Boire un verre sur le toit-terrasse de l’hôtel Erwin
  • Se balader sur et le long des canaux de la Venise de l’Amérique
photo principale : Venice Beach connaît un nouvelle engouement. © Elisabeth Blanchet