Woodstock : playlist et filmo

Le monde entier va découvrir la musique du festival grâce à la publication d’un triple album et d’un documentaire, ses musiciens légendaires, ses embouteillages monstres, la fameuse incantation "no rain, no rain" de la foule contre la pluie, le camping dans la boue, les corps en liberté, les denses volutes de marijuana ou les hélicoptères de l'U.S. Army transportant les  artistes.

La programmation musicale

C’est Richie Havens qui, le premier, entre en piste pour une prestation hantée de près de trois heures avec de multiples rappels. On apprendra par la suite que s’il joua si longtemps c’est à cause des embouteillages monstres qui retardaient l’arrivée des artistes. Après avoir rejoué de nombreux titres, il finit même par improviser Freedom, qui, en faisant instantanément de Richie une star mondiale, va devenir un véritable hymne pour toute une génération.

Vont se succéder ensuite des artistes moins connus et d’autres, déjà stars ou en devenir, entrant directement au Panthéon de la pop, du rock et du folk, comme Janis Joplin, Jefferson Airplane, Blood Sweat & Tears, Santana, Joan Baez, Joe Cocker, Ravi Shankar, Arlo Guthrie, Crosby Stills Nash & Young, Sly & The Family Stone, Creedence Clearwater Revival, Ten Years After, les Who ou Grateful Dead.

Le quatrième jour (car les trois jours sont quatre comme les mousquetaires), Jimi Hendrix va marquer les esprits à tout jamais. Même si à cause de la pluie et de divers problèmes techniques, ils ne sont "que" 180 à 200 000 à le voir jouer, personne ne pourra oublier ces 130 minutes de folie où sa virtuosité inégalable se met au service de sa créativité "live", mettant le public aux anges quand il exécute (un sacrilège pour certains prenant le mot au sens propre !) sa version de The Star Spangled Banner, (la Bannière Etoilée), l’hymne américain… Pour l’anecdote, le triple album sorti en 1970, loin d’être intégral, commence par I Had A Dream par John Sebastian et se termine par The Star Spangled Banner

Joni Mitchell, restée coincée à New York faute d’hélicoptère, écrira en suivant les reportages sur le festival devant sa télévision Woodstock, repris par Crosby Stills Nash & Young. Nash, son petit ami à l’époque, dira d’ailleurs que Joni Mitchell avait senti l’importance de l’événement bien mieux que ceux qui étaient sur place. Woodstock fut bien ce Jardin d’Eden mentionné dans la chanson où l’on rêve que les bombardiers se transforment en papillons, une parenthèse enchantée dont tous les "Ex-fan des sixties" ont la nostalgie.

Retrouvez en fin d'article la liste intégrale et chronologique de la musique du festival (certains artistes, comme Creedence Clearwater Revival n’apparaissent pas dans le film ni sur le triple album à la célèbre couverture).

Sur écran

Ca n’est pas un hasard si Charlton Heston qui incarna tant le héros viril par excellence de Moïse à Ben Hur, passe ses jours à regarder en boucle Woodstock, le documentaire tourné sur place par Michael Wadleigh en 1970, se raccrochant au temps d’une Amérique heureuse…

Ce documentaire fleuve oscarisé, où officiait comme assistant monteur un certain Martin Scorsese, nous a transmis cette précieuse capsule de temps (comme dirait Andy Warhol) saisissant pour l’éternité le meilleur moment de la Love Generation.

Présenté au Festival de Cannes en 1970, il donna à l’événement un retentissement mondial en créant une mystique nouvelle autour de Janis Joplin et Jimi Hendrix, tous deux disparus prématurément. Si un seul film a su capturer l’idéalisme, l’absence de contrainte, le sens de la fête imprégnée de drogue et d’amour libre et par dessus tout la crème de la musique des sixties, c’est bien celui-ci.

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Woodstock reste l’un des symboles des années soixante, un moment de grâce et d’innocence où la jeunesse amalgamait insouciance, soif de liberté, d’amour, de paix, d’ouverture à l’autre, au monde et à soi-même et le rejet de la violence, le tout résumé dans le fameux logo "peace and love" universel qui se voulait aux antipodes des turpitudes "sex, drugs and rock n' roll".

Ang Lee présentera son Hotel Woodstock au festival de Cannes 2009 adapté du roman autobiographique d'Elliott Tiber dépeignant les à-côtés et les coulisses souvent cocasses du festival.

© Photo principale :  Johnseb woodstock.com © photo de l'article : affiche du film Woodstock de Michael Wadleigh